Recensione selvə – eléo su Score A/V

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Depuis bien longtemps, la musique est une affaire de mode(s), de courant(s) et le hard n’y a jamais échappé. On ne citera pas ici les trucs un peu honteux à base de look, d’audience sponsorisées et de buzz préfabriqués à la chaînes mais même en ce qui concerne les projets de qualité supérieure, quand il y en a un qui parvient à faire sauter la banque, on peut être certain que beaucoup d’autres vont suivre. Le tout avec pour un résultat variablement pertinent.

La preuve avec le monstre Deafheaven, véritable tête de pont du crossover post-rock vs black metal, qui a vu s’engouffrer dans son sillage quantité de groupes là encore à l’intérêt aléatoire. La preuve, on en reçoit des wagonnets… si bien qu’en séparant le bon grain de l’ivraie, on peut quand même mettre la main et surtout les tympans sur des projets plutôt récents comme Bosse-de-Nage, Myrkur, Sun Worship, Tautronist ou selva qui partagent une certaine conception du hard avec la formation américaine sans se laisser aller à n’être que de vulgaires « suiveurs ».

Une esthétique sonore aussi, à l’image des Italiens derniers-cités plus haut : Selva donc, un trio post-black-metal/screamo originaire de Lombardie qui a sorti aux premières heures de l’été un deuxième album (le premier avait été relativement confidentiel) intitulé ‘eléo’ par le biais d’OverDrive Rec. (Fall of Minerva), Shove Records/Goodfellas Distribution. Un disque enregistré par les locaux de Femore Production et masterisé Jack Shirley (Deafheaven, Oathbreaker, Loma Prieta) qui dès son attaque engage le groupe dans un intense bras de fer avec son auditoire.

La pression sonore y est portée à ébullition et l’inaugural « Soire » pose ainsi dès le départ les bases d’une alliage métallique qui va faire de sérieux dégâts dans la tuyauterie tout en l’emmenant vers des territoires drapée d’une beauté cendrée majestueuse. Une violence acerbe, une noirceur palpable, une intensité viscérale qui ne se permet aucune concession et fonce dans le tas, à la seule force de ses riffs et d’une énergie qui prend aux tripes (« Alma »). La rage chevillée au corps, tempi effrénés et une férocité torrentielle, on se prend un véritable déluge sur le crâne (« Indaco ») et le groupe se plaît à ne jamais relâcher son emprise.

Que ce soit par la force (salvatrice) ou la douceur (il y en a par instants même si elle est souvent insidieuse, selva distille avec cet ‘eléo’ un substrat post-black à la maîtrise formelle étourdissante (« Nostalgia ») comme à l’élégance brutale qui ne peut guère laisser indifférent. Ne serait-ce que parce qu’en écoutant cet album, on se rend compte à quel point, aussi discret puisse-t-il être, le « hard » italien se porte clairement bien… au moins artistiquement parlant.

 

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